De 9 pages publiées un soir d'octobre 2008 à un actif de plus de mille milliards de dollars : les événements qui ont fait Bitcoin, racontés simplement et datés. Récit descriptif, pas un conseil.
Un document de 9 pages, un réseau de quelques machines, et une idée : de la monnaie électronique sans tiers de confiance.
Satoshi Nakamoto publie « Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System » : 9 pages qui résolvent la double dépense sans autorité centrale, en combinant preuve de travail et chaîne horodatée.
Premier bloc de la chaîne. Satoshi y grave la une du Times du jour, « Chancellor on brink of second bailout for banks » : le bloc est daté, et le contexte est signé (la crise bancaire de 2008).
Satoshi envoie 10 BTC au cryptographe Hal Finney, premier utilisateur à faire tourner le logiciel après lui.
Laszlo Hanyecz paie deux pizzas 10 000 BTC : le premier achat documenté d'un bien réel en bitcoin, devenu l'étalon-or de l'anecdote.
Derniers messages publics du créateur, qui disparaît en laissant le code, ~1 million de BTC jamais bougés, et aucune identité. Le projet continue sans chef.
Bitcoin sort du cercle des cryptographes : premiers échanges, premières bulles, premières unes de presse.
Un bitcoin vaut un dollar. Deux ans plus tôt, il ne valait rien du tout : il n'avait même pas de prix.
Porté par les premiers articles de presse, le prix touche 31 $ puis s'effondre de plus de 90 % en quelques mois. Un motif que Bitcoin rejouera à chaque cycle.
La récompense par bloc passe de 50 à 25 BTC. Programmée dès l'origine, cette division par deux tous les ~4 ans est le cœur de la rareté de Bitcoin : l'émission tend vers les 21 millions, jamais au-delà.
La crise chypriote taxe les dépôts bancaires au-dessus de 100 000 €. Pour la première fois, Bitcoin apparaît publiquement comme une sortie de secours face au risque bancaire.
Deuxième bulle de l'année : après 266 $ en avril, le prix dépasse 1 100 $ en novembre, dopé par la demande asiatique. La Chine restreint dans la foulée, le cycle baissier commence.
La plus grande place de marché s'effondre et le réseau se déchire sur sa propre croissance. Bitcoin survit aux deux.
La plateforme qui traitait ~70 % des échanges mondiaux s'effondre : ~850 000 BTC envolés. La leçon fondatrice de l'auto-conservation, « not your keys, not your coins », entre dans la culture.
Quatorze mois après le sommet, le prix a perdu ~85 %. Le réseau, lui, n'a jamais cessé de produire un bloc toutes les dix minutes.
La récompense passe de 25 à 12,5 BTC par bloc. L'inflation monétaire de Bitcoin passe sous celle de l'or : l'argument « or numérique » gagne en crédibilité.
La bulle de 2017 fait entrer le mot « bitcoin » dans les foyers ; l'hiver qui suit trie les convictions.
Après deux ans de « guerre des blocs » sur la capacité du réseau, SegWit s'active et les partisans des gros blocs font sécession (Bitcoin Cash). Leçon durable : personne, ni mineurs ni entreprises, ne peut imposer un changement aux nœuds.
Fièvre mondiale : le grand public découvre Bitcoin, le CME lance ses futures, et le prix touche ~20 000 $… avant de perdre 84 % l'année suivante. Le mot « crypto » ne quittera plus le vocabulaire courant.
Le creux du cycle. Les projets fantômes de 2017 disparaissent ; l'infrastructure sérieuse (custody, Lightning, outillage) se construit dans le silence.
Entreprises cotées, fonds, et même un État : le capital sérieux arrive, et les excès de l'écosystème se paient cash.
Panique mondiale de liquidité : Bitcoin chute de moitié en 24 h, à ~3 900 $. La réponse monétaire qui suit (des milliers de milliards imprimés) deviendra son meilleur argument.
6,25 BTC par bloc. Quelques mois plus tard, MicroStrategy devient la première entreprise cotée à placer sa trésorerie en bitcoin, ouvrant la voie aux « treasury companies ».
Tesla annonce 1,5 milliard de dollars de bitcoin à son bilan. Le signal que les directions financières des plus grandes entreprises regardent désormais l'actif sérieusement.
Bitcoin devient monnaie légale au Salvador : une première mondiale, observée par tous les États, saluée ou moquée, mais historique.
Nouveau record à ~69 000 $. Quatre jours plus tard s'active Taproot, la plus grosse amélioration du protocole depuis SegWit (signatures Schnorr, scripts plus privés et plus efficaces).
Après Terra/Luna et Celsius au printemps, la faillite frauduleuse de FTX conclut l'année noire de la finance crypto CENTRALISÉE. Le protocole Bitcoin, lui, n'a rien à voir avec ces faillites, mais son prix paie la contagion, à ~15 500 $ au creux.
Wall Street obtient son produit réglementé. Bitcoin entre dans les portefeuilles classiques, avec ses cycles intacts.
Le plus grand gestionnaire d'actifs du monde (10 000 Md$) demande un ETF Bitcoin spot. Le marché comprend que l'approbation n'est plus une question de « si », mais de « quand ».
La SEC approuve 11 ETF Bitcoin spot le même jour, après une décennie de refus. L'exposition à Bitcoin devient un produit de compte-titres ordinaire, et les flux institutionnels changent d'échelle.
3,125 BTC par bloc. Plus de 93 % des 21 millions de bitcoins sont désormais émis ; l'émission annuelle passe sous 1 %.
Bitcoin franchit 100 000 $ pour la première fois, quinze ans après avoir été coté pour la première fois à une fraction de centime.
Les États-Unis officialisent par décret une « réserve stratégique de bitcoin » constituée des BTC saisis par la justice. L'actif né contre les États entre dans les bilans d'État.
Nouveau record absolu au-dessus de 126 000 $. Comme à chaque cycle, la suite est une correction : celle-là même que les métriques de ce site mesurent en direct.